APN : c’est le blocage !   

Nouveaux rebondissements dans la crise à l’Assemblée populaire nationale (APN). D’autres parties s’impliquent pour compliquer encore davantage la situation.

En effet, au moment où le président de la chambre basse du parlement refuse de se soumettre aux injonctions de ses adversaires, le ministère des Affaires étrangères intervient dans le conflit en annulant une rencontre prévue, pour aujourd’hui, entre le président de l’association d’amitié algéro-japonaise et l’ambassadeur du Japon à Alger.

L’information a été révélée par le président de cette association, le député du FJD Lakhdar Benkhalaf. « Une rencontre avec l’ambassadeur du Japon était programmée aujourd’hui à sa demande. Il avait adressé une lettre au ministère des Affaires étrangères le 25 septembre où il a demandé de me rencontrer en tant que président de l’association d’amitié algéro-japonaise », explique-t-il.

Et d’ajouter : « Toutes les mesures ont été prises pour recevoir l’ambassadeur japonais aujourd’hui à 11h00. Mais j’ai été informé par l’ambassade du Japon que la rencontre a été reportée à une date ultérieure après qu’ils eurent été contactés par le ministère des Affaires étrangères ».

 Selon l’Agence APS, c’est le président de l’APN, Saïd Bouhadja qui a décidé « de geler les activités dans le cadre de la diplomatie parlementaire ». En tout, cette situation est la première conséquence de la décision des présidents de cinq groupes parlementaires de la majorité de demander la démission de Saïd Bouhadja.

 Ces derniers ont signé, rappelons-le, une « motion de retrait de confiance au président de l’Assemblée, accompagne de demande de sa démission avec le gel de toutes les activités des structures de l’APN jusqu’à satisfaction de leur revendication ».

Dans cette motion, les députés ont dénoncé des « dépassements et violations » enregistrées au sein de l’institution législative, à savoir « la marginalisation flagrante, le report délibéré de l’adoption du Règlement intérieur de l’APN, la marginalisation des membres de la Commission des   affaires juridiques, la mauvaise gestion des affaires de l’APN, les dépenses exagérés et non judicieuse et recrutement aléatoire et douteux ». 

L’opposition dénonce

Incapable d’agir directement, l’opposition parlementaire dénonce cette prise d’otage de l’Assemblée. Après les partis islamiste, en l’occurrence le MSP et le FJD, qui ont dénoncé cette situation, le RCD réagit à son tour. Dans un communiqué rendu public cet après-midi, les parlementaires de ce parti estiment que « cette tentative de mise à l’écart du président du parlement obéit à d’autres desseins ».

« Depuis une semaine, l’Assemblée nationale est bloquée par les députés des partis du pouvoir pour exiger la démission du Président de l’APN. Si en apparence l’éviction du secrétaire général de la chambre basse, d’obédience FLN, qui tenait en laisse des parlementaires en leur octroyant d’indus et mesquins privilèges, serait la raison principale du remous actuel, la réalité est bien plus pernicieuse : la tentative de mise à l’écart du président du parlement obéit à d’autres desseins », lit-on dans ce communiqué.

 « Bonnes grâces des décideurs »

Posant un certains nombres d’interrogations sur les dessous de cette affaire, les députés de ce parti estiment que cette «rébellion » engagée par les députés des deux partis de la « majorité » cache mal les visées et calculs au sommet.

« Choisi initialement dans le cadre des pratiques d’équilibre régional de façade, lui, qui est issu de l’Est, le président du parlement ne semble plus rentrer dans les bonnes grâces des décideurs », analyse-t-on. «C’est un précédent grave ! Il aura des répercussions dangereuses sur le fonctionnement de toutes les assemblées élues. Le blocage sera désormais la norme. L’instabilité, et à tous les niveaux d’ailleurs, incombe en premier lieu au chef de l’Etat et à son premier ministre en leur qualité respectivement de président du FLN et de SG du RND dont les députés ont été instrumentalisés dans cette cabale », précisent les députés du RCD.

Désormais, expliquent-ils, la crise est telle que cette mainmise est publiquement affichée. « L’obsession de s’accaparer de tous les centres du pouvoir (Exécutif, législatif, judiciaire, financier, sécuritaire…) à tout prix mène tout droit vers l’implosion », souligne-t-on encore, en appelant au respect de la constitution et de la réglementation en vigueurs.

 

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