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Amnesty : le journaliste marocain Omar Radi espionné par les autorités

Yasmine Marouf-Araibi

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Une campagne d’espionnage menée par le Maroc en collaboration avec l’entreprise israélienne NSO Group a ciblé le journaliste marocain Omar Radi, révèle ce lundi une enquête de l’organisation Amnesty International.

“NSO Group, entreprise israélienne commercialisant sa technologie pour combattre la pandémie de COVID-19, a favorisé une intense campagne menée par le Maroc pour espionner le journaliste marocain Omar Radi”, a révélé Amnesty International dans un nouveau rapport d’enquête rendu public lundi 22 juin.

C’est grâce à une analyse “Forensique de l’iphone d’Omar Radi” réalisé par Amnesty Tech en février dernier que l’organisation a pu découvrir que l’appareil avait été la cible d’une série d’attaques par « injection réseau ».

“Ce type d’attaque permet à ses auteurs de surveiller, d’intercepter et de manipuler les données de trafic Internet de la personne ciblée. Le navigateur Internet du téléphone est redirigé vers un site malveillant, sans aucune intervention de son ou sa propriétaire. Le logiciel espion Pegasus est alors installé de façon invisible sur le téléphone à partir de ce site”, explique le rapport d’enquête.

Journaliste d’investigation, Omar Radi est connu pour ses enquêtes sur le monde politique marocain. C’est pourquoi, Amnesty estime, que le journaliste est “systématiquement” pris pour cible par les autorités de son pays.

Mais ce n’est pas pour autant que l’organisation innocente NSO Group. Au contraire, elle lui reproche d’avoir “joué un rôle dans ce type de violation” en conservant le gouvernement marocain “parmi ses clients” même après “que des éléments attestant de l’utilisation de son logiciel espion pour suivre des militant·e·s au Maroc ont été portés à sa connaissance”.

Les preuves numériques qu’Amnesty International a extraites du téléphone d’Omar Radi “donnent à penser que des attaques par injection réseau se sont produites les 27 janvier, 11 février et 13 septembre 2019. Le 10 septembre 2019, NSO Group s’est engagé publiquement à respecter les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme”., détaille Amnesty.

“On ne peut manifestement pas faire confiance à NSO Group. Alors que l’entreprise lançait une offensive médiatique pour redorer son blason, ses outils rendaient possible la surveillance illégale d’Omar Radi, journaliste primé et militantDanna Ingleton”, dénonce directrice adjointe d’Amnesty Tech.

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