Alors que le gouvernement promet le changement, la presse électronique est interdite

L'organisation non gouvernementale Amnesty Internationale a, encore une fois, interpellé les autorités sur la situation des droits humains et libertés d'expression, dans un rapport rendu public, aujourd'hui 21 février.

Crédit photo: Amnesty International | Manifestation pacifique

Alors que le premier ministre Noureddine Bedoui, et son vice-premier ministre Ramtane Lamamra, fraîchement installés à la tête du gouvernement nous font miroiter le changement à l’occasion de la conférence animée conjointement aujourd’hui 14 mars, au Centre International des Conférences (CIC), leur première fausse promesse est celle liée à la liberté de la presse.

 

Le changement que nous prêchent les responsables politiques, et même le Président de la République Abdelaziz Bouteflika dans sa dernière lettre à l’occasion de son renoncement pour un cinquième mandat et report de l’élection présidentielle, semble n’être qu’une autre fausse promesse.

Au lendemain de la déclaration du vice premier ministre Ramtane Lamamra qui a appelé sur les ondes de la radio nationale chaine 3 « la presse, qu’elle soit publique ou privée, à dénoncer et à jouer son rôle librement dans la société algérienne », le service de presse de ce même vice ministre nous a empêché de faire notre travail de journalistes.

les consignes pour cette conférences étaient très strictes

« Quand on est arrivés à l’entrée, les agents de sécurité nous ont bien accueilli. Ils nous ont demandé gentiment de récupérer nos badges au bureau à l’entrée. Je présente ma carte de presse et mon ordre de mission à la dame, et elle m’a dit que la presse électronique n’est pas autorisée à rentrer. Je lui demande pour quelle raison, elle me dit que les médias accrédités, ont été contactés hier par leur service de presse », raconte notre journaliste.

La journaliste co-fondatrice de INTY MAG, Djamila Ould Khettab a vécue la même galère : « Quand j’arrive au bureau qui délivre des badges, la dame m’informe que la presse électronique algérienne ne pouvait pas être accréditée » raconte la journaliste qui s’est vue renvoyée. En insistant, la dame m’a précisé que « les consignes pour cette conférences étaient très strictes et qu’il faut être sur la liste, sinon, vous ne pouvez pas rentrer ».

régler notre problème de statut avec le ministère de communication

Consterné, Bouzid Ichalalene contacte par téléphone une autre fonctionnaire du service de presse du premier ministère, mais la réponse était surréaliste. « J’appelle une de ses collèges, et cette dernière me dit qu’il faut régler notre problème de statut avec le ministère de communication, ou avoir le statut de média étranger et être accrédité par le ministère de la communication » .

Stupéfait par la réponse, le journaliste rétorque « alors vous nous demandez d’aller créer des sociétés à l’étranger pour travailler chez nous? « .

Les fonctionnaire du service de communication parlent du ministère de la communication dépendant du même gouvernement comme ci, c’est un ministère de communication d’un pays étranger!

La presse électronique est classée apparemment par les autorités dans le camps de « l’ennemie », surtout après son rôle très important qu’elle a joué dans la couverture des derniers événements que vie le pays ces dernières semaines. C’est peut être la « suite logiques » des journalistes arrêtés en 2018.