Ali Ghediri prépare-t-il l’opinion publique pour un éventuel échec?

Crédit photo: INTERLIGNES MEDIA | Le général en retraite, candidat à la candidature pour la présidentielle, Ali Ghediri

Entre dénonciations « des entraves », « intimidations » et difficultés dans la collecte de signatures, le candidat Ali Ghediri va-t-il réussir à aller jusqu’au bout de son engagement, ou bien son aventure se terminera-t-elle le 03 mars prochain, date butoir pour le dépôt des déclarations de candidature à la prochaine présidentielle?

Le candidat à la candidature au scrutin du 18 avril 2019, Ali Ghediri vient d’annoncer, via son directeur de communication Hmida Layachi qu’aujourd’hui 6 février, «en sortant du siège de la permanence à Hydra, à Alger, il a trouvé trois camions qui bloquaient la route ». La même source a précisé « qu’on lui a dit que les trois véhicules étaient en panne. Mais après, un homme, probablement appartenant aux services de sécurité, lui a signifié qu’on ne voulait pas de sa présence à l’enterrement de Guenaizïa». 

Si ce fait s’avère vrai, « les services de sécurité » ont commis une grave dérive vis-à-vis du candidat Ali Ghediri, qui malgré son passé de militaire, jouit de tous ces droits en tant que citoyen qui lui garantissent l’exercice politique, et sa liberté de se déplacer.

La direction de campagne  du même candidat a dénoncé il y’a deux jours des « intimidations » lors de l’opération de collecte de signatures en précisant, dans un communiqué rendu public, qu’au «moment où la campagne pour la collecte des signatures d’électeurs qui a atteint sa vitesse de croisière, certaines APC multiplient les entraves, et parfois les intimidations contre les citoyens qui parrainent le candidat Ali Ghediri ». 

Curiosité des algériens

Des sources proches du candidat nous ont confié que l’opération de collecte de signatures « piétine » et n’a pas atteint « la vitesse de croisière » comme indiqué par le service de communication du candidat. Les dernières dénonciations, selon la même source, seraient « une préparation de l’opinion publique pour un éventuel échec de la collecte des 60 000 signatures ». Cette opération n’est pas un exercice facile, surtout que le général à la retraite n’est pas rompu à ce genre de défis.

Ce dernier découvert par les citoyens algériens en mois de janvier dernier, après la publication d’une contribution dans la presse qui a été suivie par un entretien publié dans un quotidien national, a suscité la curiosité après son interpellation au « chef des armées », qui a, à son tour,  riposté violemment.

Il est important de rappeler que tous les candidats doivent collecter plus de 60 000 signatures dans 25 wilayas, à raison de 1500 signatures par wilaya. Pour éviter toute surprise lors du dépôt des signatures, il faudrait cumuler plus de 60 000 afin d’avoir une marge de manœuvre en cas d’invalidation de certains formulaires qui pourraient être rejetés par le conseil constitutionnel pour non conformité.

FRAUDE

Le cas du candidat à la candidature de Ahmed Taleb IBRAHIMI pour l’élection présidentielle de  2004 reste vivace. Le conseil constitutionnel présidé par Mohammed BEDJAOUI, à l’époque, avait rejeté sa candidature (Ahmed Taleb IBRAHIMI Ndlr) considérant qu’il « n’a pas obtenu le nombre légal de formulaires fixé à 75.000 puisqu’il n’a présenté que 73.942 formulaires valables et n’a recueilli 1500 formulaires ou plus que dans 24 wilayas sur les 43 wilayas dans lesquelles il a présenté des formulaires » avait notifié le conseil constitutionnel, et ce malgré l’accusation par le candidat de « ne pas avoir comptabilisé un certain nombre de formulaires, et d’avoir couvert le vol dans les locaux, pourtant gardés, du Palais des nations au Club des Pins. Le verrou de la porte aurait été forcé et la pièce visitée ».

Lors du forum organisé par le quotidien Liberté, le 27 janvier dernier, le candidat à la candidature a sous-estimé la capacité de la machine de fraude qui pourrait être actionnée par le système en place en vu du prochain scrutin. Il a déclaré que « la fraude n’est pas une fatalité », alors que, lors des élections présidentielles de 2004, les dénonciations et les preuves d’une fraude massive ont été partagés dans la majorité des localités du pays.