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Politique

Ali Ghediri : le comité pour sa libération saisit Abdelmadjid Tebboune

Melissa NAIT ALI

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© DR | Le candidat à la candidature à la prochaine élection présidentielle, Ali Ghediri
© DR | Ancien candidat à la candidature à la prochaine élection présidentielle, Ali Ghediri

Le général à la retraite et détenu politique, Ali Ghediri, dénonce à nouveau l’arbitraire dont « il est l’objet ». Dans une lettre adressée, aujourd’hui, à l’opinion publique et lue lors d’une conférence de presse organisée par le comité pour sa libération, l’ancien candidat à la candidature à la présidentielle avorté du 18 avril 2019, estime que le silence face l’arbitraire devient « caution et complicité ».

« Lorsque l’arbitraire s’érige en règle dans le fonctionnement des institutions et que les établissements pénitentiaires de la république soient détournés de leur vocation première pour servir de lieux de confinement pour ceux que le pouvoir désigne comme opposant pour étouffer les voix. Le silence devient caution et la complicité une posture assumée pour ne pas en dire davantage », précise-t-il.

Selon lui, « il est notamment ainsi, lorsque ces opposant n’ont fait qu’exprimer une opinion, une idée, un projet de société, ou, seulement se porter candidat aux élections présidentielles avec la promesse de rompre avec le système qui a mis l’Algérie à genoux ». « Lorsque les libertés fondamentales font défaut, ces actes banals, ces formes d’expression citoyenne sont assimilées par les décideurs à un crime ; si tant est qu’il le soit, je l’assume dussé-je le payer au prix de ma vie », ajoute-t-il.

Poursuivant, Ali Ghediri affirme que « le sacrifice a fait corps avec mon destin le jour ou j’ai opté pour le métier qui a été le mien, ou l’on m’a appris à être résolu devant la mort lorsqu’elle sert une cause noble ». « Si je me réjouis de vous voir si nombreux aujourd’hui à mes côtés, c’est pour que votre présence je la ressens au quotidien dans l’espace étroit que m’offre la geôle dans laquelle le pouvoir m’a confiné depuis le 13 juin 2019, faisant de ma personne le détenu politique le plus ancien, je dirais le seul de la république », estime-t-il.

Intervenant à l’occasion de cette occasion, Me Miloud Brahimi lance un appel pressant au chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, pour l’appeler à intervenir pour mettre un terme à une injustice qui risque de durer encore. « Le dossier d’Ali Ghediri est vide. Il n’y a rien à défendre lors du procès et je pense sérieusement à me dé-constituer», indique-t-il, en dénonçant, au passage, « une grave régression de la justice algérienne ».

« Devant cette situation, il reste qu’à lancer un appel pressant au président de la république qui entend bâtir une nouvelle Algérie pour que cette nouvelle Algérie soit accompagnée d’une justice nouvelle », indique-t-il. Les avocats présents aussi lors de cette conférence, à savoir Aouicha Bakhti et Me Chafai, ont dénoncé aussi l’attitude des juges qui refusent d’appliquer la loi et de libérer Ali Ghediri.

« La décision de la chambre d’accusation près la Cour d’Alger a été rejeté par la Cour suprême. Mais la programmation du procès d’Ali Ghediri risque d’être renvoyé à l’automne prochain », indique Aouicha Bakhti.

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