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Politique

« Algérie mon amour » : un reportage qui « ne reflète pas l’image du Hirak »

Melissa NAIT ALI

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© DR | Affiche du documentaire de France 5 sur le Hirak


Très attendu pour les téléspectateurs algériens, le documentaire « Algérie, mon amour » diffusé mardi soir par la chaîne publique française, France 5, a été finalement une déception. Un choque pour…les hirakistes qui s’attendaient à un travail à la hauteur de ce mouvement populaire qui a ébloui le monde par son pacifisme, son endurance et la profondeur de ses revendications politiques.


Il n’y a eu rien de tout cela. L’angle choisi par le réalisateur de ce film était tout autre. Il n’a pas été question du Hirak, comme annoncé par la chaîne. Occultant toutes les revendications portant sur la démocratie, l’Etat de droit et la liberté… le documentaire a plutôt zoomé sur une partie de la problématique algérienne : les libertés sexuelles des jeunes et leur volonté de briser tous les tabous qui les empêchent de vivre leur vie.

Certes, la problématique existe. Mais elle n’était pas au centre de la revendication du mouvement populaire. Du moins, elle n’était pas visible lors des marches du Hirak qui a duré plus d’une année, avant d’être suspendu pour des raisons sanitaires. Pourquoi alors réduire l’ampleur d’une révolution à de simples désirs sexuels d’une jeunesse algérienne « frustrée » ?

Un tollé sur les réseaux sociaux

En Tout cas, sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé à fuser. Les commentaires, très souvent, critiques à l’égard de la chaîne, du réalisateur et des jeunes femmes et hommes qui ont participé à la réalisation du documentaire, se sont multipliés.

« Ce film ne me représente pas » et « ça n’a rien à voir avec le Hirak », lancent des centaines d’internautes sur les réseaux sociaux qui se disent scandalisés par ce navet. Certains songent même que le réalisateur du documentaire et la chaîne qui l’a diffusé participent « à la contre-révolution » en cours pour faire taire le Hirak.

Pour eux, le pouvoir algérien qui accentue, depuis quelques semaines, ses attaquent en interne contre le mouvement, investit aussi à l’international à travers ce genre de travaux « journalistiques » pour le dénigrer.

Les commentaires vont encore plus loin. La colère a pris des tournures gravissimes. Certaines internautes ont carrément versé dans l’insulte des intervenants et les intervenantes, filmés en train de boire de l’alcool et de parler du sexe.

Il a fallu que d’autres, plus sages, interviennent pour remettre les pendules du débat à l’heure. Affirmant qu’ils ne partagent l’orientation du documentaire, ces derniers appellent, cependant, à respecter l’avis et la liberté des jeunes qui s’y sont exprimés. « Les libertés, c’est un tout. Il faut respecter l’avis de tout le monde », lance un facebooker.

« L’Algérie est pluriels. Personnes ne peut prétendre représenter toute la société », tonne un autre, excédé par la polémique suscitée par ce documentaire et le fait de jeter en pâture de jeunes algériens qui n’ont fait exprimé un avis et un besoin.

Le réalisateur mis à l’index

Selon des sources très aux faits des conditions de réalisation de ce documentaire, le réalisateur est mis à l’index. Pour Anis, «  les images ne devaient pas être diffusées » . «Il (le réalisateur) les a fait parler sous l’effet de l’alcool » . « Il a même exploité la détresse de certains intervenants », accuse notre source. Nous avons tenté de contacter le réalisateur pour avoir son avis sur la réaction suscitée par son documentaire et les accusations de nos sources, mais en vain.

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