Suivez-nous

Politique

Algérie, le jour d’après (contribution)

Le pouvoir algérien vient d’opérer un énième coup de force contre la volonté populaire. Alors que les citoyens ont exprimé massivement leur rejet catégorique de la farce électorale, le régime s’est offert un chef d’Etat des plus contestés et protestés.

Bouzid ICHALALENE

Publié

le

© INTERLIGNES | Manifestation 12 avril 2019 à Alger
© INTERLIGNES | Manifestation 12 avril 2019 à Alger

Par Jugurtha ABBOU
Militant politique

Le système est resté fidèle à lui-même, il n’accepte ni recul ni compromis. L’annulation du scrutin ou un tout autre scénario du genre n’ont été que rumeurs et spéculations. Le suspense n’a pas duré, Hitchcock n’est pas algérien.

Mais à la différence des scrutins précédents, les taux de participations officiels ont reflété le rejet total des deux wilayas de la Kabylie, ce qui donne voie à de nombreuses supputations, allant des plus pessimistes et radicales qui mettent en avant la thèse autonomiste, à celles plus ou moins réalistes, celles défendant un fédéralisme comme modèle de gestion de l’Etat. Cela dit, les décideurs sont mis en demeure par l’histoire.

Ou le pays s’offrira la chance d’ouvrir une nouvelle page qui annoncera la rupture avec un jacobinisme rétrograde qui a causé des décennies de régression politique, économique et sociale. L’option suicidaire serait de tenter de stigmatiser une région qui a toujours payé le lourd tribut pour la cause nationale et qui a été à l’avant-garde de toutes les luttes d’émancipation de la nation algérienne.

 Est-il important de revenir sur les risques qu’encourt l’Algérie de toute option autre que l’option démocratique ? Illégitimité et fragilité des institutions, dislocation de l’Etat et danger sur la souveraineté nationale sur le plan politique, fragilité et instabilité économique, ouverte à des risques d’inflation voire de destruction des plus énormes, conduisant à une crise sociale sans précédent. Le fossé entre les gouvernants et les gouvernés se creusera davantage. Les indicateurs sont au rouge,  et ce n’est pas un scrutin entaché de répression tous azimuts qui dessinera du vert sur les clignotants. Une élection qui ne résout pas les problèmes ne fera que les aggraver.

Donc aujourd’hui, il est plus que jamais temps d’entendre la voix du peuple, de donner à l’Algérie la chance de rebondir et aux Algériennes et aux Algériens l’espoir de rendre leurs rêves réalité. La libération des détenus politiques et les détenus d’opinion, l’ouverture d’un dialogue national et inclusif et l’amorce d’un processus constituant à même de déboucher sur un passage de l’autoritarisme vers un nouvel horizon démocratique.

Or, le pouvoir ne semble se départir de sa logique consistant à gouverner sans le peuple, voire contre le peuple, ni ce dernier ne semble fléchir devant les nombreuses tentatives de répression et les vagues interminables d’arrestations.

Ni les manœuvres du régime visant à diviser le mouvement, parfois à le diaboliser, ni l’usage de la violence à l’égard des manifestants ne semble faire arrêter la mobilisation, qui tant qu’elle maintient son caractère pacifique, constitue une épée de Damoclès pour le régime mais ne fait pas avancer les choses dans la mesure où les deux lignes parallèles et jusqu’auboutistes ne sont pas faciles à relier.  

Car l’enjeu, aujourd’hui, n’est pas de savoir quelle équipe va marquer ou encaisser, les affaires du pays n’étant jamais semblables à un match de foot, mais de trouver les compromis les plus salvateurs pour aller au vœu pieu du peuple : Djazair Hourra Dimokratiya (Algérie libre et démocratique).

Directeur de publication. Passionné par l'enquête et le reportage. Je m'intéresse à tout ce qui se passe autours de moi.

Publicité
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Politique

Coronavirus : 131 cas supplémentaires et 14 décès enregistrés lors des dernières 24h

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

le

© DR |

Le nombre total de contaminations par le coronavirus en Algérie a grimpé à 847 cas confirmés dont 58 décès selon le dernier bilan établi par la commission nationale de veille et de suivi de l’évolution de l’épidémie du Coronavirus. 

D’après la même source, 130 cas supplémentaires et 14 nouveaux cas de décès ont été enregistrés lors des dernières 24 heures.

S’agissant des nouveaux cas de décès, trois ont été enregistrés à Blida, cinq à Alger. Tandis que les wilayas de Oum El Bouaghi, Ghardaia, Relizane, Médéa, Ain Témouchent et Tizi-Ouzou ont enregistré un cas de décès chacune, précise la même source.

Par ailleurs, la commission annonce que le nombre de guérisons s’est élevé à 46 après le rétablissement de 15 autres patients.

Lire la suite

Politique

Corruption : Abdelghani Hamel condamné à 15 ans de prison ferme, Zaâlane à 3 ans

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

le

© DR | Abdelghani Hamel condamné à quinze ans de prison ferme

Le verdict est tombé dans l’affaire d’Abdelghani Hamel, des membres de sa famille et d’anciens dirigeants notamment Abdelghani Zaâlane, poursuivis dans plusieurs affaires de corruption, principalement liées au “blanchiment d’argent, enrichissement illicite, trafic d’influence et obtention de fonciers par des moyens illégaux”.

L’ancien DGSN a été condamné à quinze (15) ans de prison ferme assortis d’une amende de huit (08) millions de DA. Son épouse est quant à elle condamnée à deux (2) ans de prison ferme assortis d’une amende d’un (1) million de DA. Ses deux enfants Amyar, Chafik , eux, ont écopé respectivement de dix (10) ans de prison et six (06) millions de DA d’amende, huit (08) ans de prison et cinq (05) millions de DA d’amende. Ses deux autres enfants Mourad et Chahinez, aussi impliqués dans l’affaire ont, quant à eux, écopé de la même peine soit sept (07) ans de prison et cinq (05) million de DA d’amende chacun. Le tribunal a également ordonné la confiscation de tous les biens mal acquis de la famille.

Concernant les personnes morales représentées par les sociétés poursuivies dans cette affaire, elles devront verser une amende de 32 millions de DA.

Cette affaire implique également les deux anciens ministre, Abdelmalek Boudiaf et Abdelghani Zaâlane, poursuivis pour des faits commis alors qu’ils occupaient le poste de wali d’Oran.  Ils ont tous les deux été condamnés à trois (3) ans de prison ferme assortis de 1 million de DA d’amende.

Deux anciens wali sont impliqués dans cette affaire, il s’agit en l’occurrence de Ghelai Moussa ancien wali de Tipaza et Bensebane Zoubir ancien wali de Tlemcen, condamnés respectivement à cinq (05) ans de prison ferme assortis d’une amende d’un (01) million de DA , et trois (03) ans de prison ferme.

L’ex-directeur général de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), Mohamed Rehaimia, à quant à lui écopé de trois (03) ans de prison ferme et 500 000 DA d’amende.

Rappelons, que le Procureur de la république près le tribunal de Sidi M’hamed avait requis vingt (20) ans de prison ferme à l’encontre de l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel et de son fils Amiar et quinze (15) ans de prison ferme à l’encontre de ses autres enfants, Mourad, Chafik et Chahinaz et dix (10) ans de prison à l’encontre de son épouse, Annani Salima, assortis d’une amende de huit (8) millions de dinars chacun, outre la confiscation de leurs biens saisis et comptes bancaires.

Lire la suite

Politique

Abdelmadjid Tebboune décrète une grâce présidentielle au profit de 5037 détenus

Yasmine Marouf-Araibi

Publié

le

© DR | Le Président Tebboune décrète une grâce présidentielle pour 5037 détenus

Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a signé, mercredi, un décret présidentiel portant des mesures de grâce au profit d’un groupe de 5037 détenus, a indiqué un communiqué de la Présidence de la République. 

“Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a signé, mercredi 01 avril 2020, un décret présidentiel portant des mesures de grâce au profit de 5037 détenues”, lit-on dans le communiqué de la Présidence.

“Les mesures de grâce concernent les individus non détenus condamnés définitivement dont il ne reste de leur peine que douze (12) mois ou moins à purger, ainsi que ceux dont il ne reste de leur peine que dix-huit (18) mois ou moins à purger”, note le communiqué.

Il s’agit également selon le décret présidentiel “d’une réduction partielle de 18 mois de la peine si le restant à purger est supérieur à 18 mois et égale à 20 ans au moins”.

“La réduction totale et partielle de la peine est portée à vingt-quatre (24) mois pour les détenus, condamnés définitivement, dont l’âge est égal ou dépasse 60 ans à la date de la signature du décret”, poursuit la même source.

Ces mesures de grâce excluent “les individus condamnés par les juridictions militaires, les individus condamnés dans des affaires de crimes terroristes, trahison, espionnage, massacre, trafic de drogues, fuite, parricide, empoisonnement, les délits et crimes d’attentat à la pudeur avec ou sans violence sur mineurs avec viol, les crimes de dilapidation volontaire et de détournement de deniers publics, et en général tous les crimes de corruption prévus par la loi 06-01 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent, falsification de la monnaie et contrebande, ainsi que les infractions à la législation et à la réglementation de changes et des mouvements des capitaux”, a conclu le communiqué.

APS

Lire la suite

Tendances

INTER-LIGNES

GRATUIT
VOIR