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Politique

Affaire Tadjadit et ses amis : les avocats dénoncent « une amplification du dossier »

Melissa NAIT ALI

Publié

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© INTERLIGNES | Conférence de presse du collectif d'avocats du Hirak
© INTERLIGNES | Conférence de presse du collectif d'avocats du Hirak

Les avocats des activistes Mohamed Tadjadit, Soheib Debaghi, Malik Riahi, Tarek Debaghi et Khimoud Nourredine, montent au créneau, aujourd’hui 13 avril lors d’une conférence de presse organisée à Alger.

Plusieurs jours après les déclarations du procureur général près la cour d’Alger qui a lourdement chargé les mis en cause, le collectif de la défense intervient afin de remettre les pendules à l’heure et rétablir les faits dans une affaire qui a porté initialement sur une dénonciation d’agression sexuelle sur le mineur Saïd Chetouane à l’occasion de son arrestation par la police, le 3 avril dernier lors d’une marche du Hirak.

Les avocats dénoncent les propos du le procureur général l’a interprété à sa manière pour donner suite à une autre affaire. Ayant pu accéder au dossier des cinq prévenus, les avocats Abdallah Heboul, Yamina Allili et Nassima Rezazgui, ont animé, aujourd’hui, une conférence de presse pour éclairer l’opinion sur ce dossier qui a été, selon eux, « amplifiié par le procureur et des médias ».

Ils dénoncent aussi « la violation du principe de la présomption d’innocence » et « la volonté d’attenter à l’image et à la réputation des mis en cause ». « Le procureur général et des médias ont amplifié le dossier », soutient Yamina Allili. Pour sa part, Abdallah Haboul s’attarde le plus sur les propos du représentant du parquet. « Le Procureur général a affirmé que les prévenus étaient des repris de justice. C’est très grave, car les Mohamed Tadjadit et ses amis ont fait de la prison, non pas pour des faits de délinquance, mais pour avoir participé au Hirak populaire », déclare-t-il.

« volonté d’influer sur le dossier »

La simultanéité de la conférence de presse du procureur général et de la présentation de ces activistes devant le juge d’instruction n’était pas, selon lui, innocente. « Il y a comme une volonté d’influer sur le dossier. C’est un précédent grave », indique-t-il, rejetant au passage un démenti concernant les allégations de certaines chaînes de télévision privée qui ont accusé ces jeunes activistes de « déviation sexuelle » et « d’ouverture d’un lieu de débauche ». « Ces accusations ne figurent ni dans le dossier de la justice ni dans le PV de la police », appuie Yamina Allili.

Selon Nassima Rezazgui, Mohamed Tadjadit et ses amis sont poursuivis pour le chef d’accusation « Constitution d’une association de malfaiteurs », ainsi que six chefs d’inculpations qui sont « diffusion de fausses informations pouvant porter atteinte à la sécurité nationale et l’ordre public », « atteinte à la vie privée de l’enfant », « exploitation de l’enfant à travers les réseaux sociaux dans des questions contraires à la pudeur », « incitation d’un mineur à la débauche », « tentative de détournement d’un mineur » et « consommation de la drogue et des psychotropes ». Mais pour les avocats, ces accusations sont infondées. D’ailleurs, ils annoncent la décision de faire appel de la décision du juge d’instruction qui a décidé de placer Mohamed Tadjadit et ses amis sous mandat de dépôt.

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