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Politique

Affaire Ali Haddad : Ce que révèle une enquête sur la fortune “incommensurable” de l’homme d’affaire

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Le président du FCE, Ali Haddad a démenti, dans un communiqué publié ce dimanche 27 janvier, l’exclusion de Laid Benamor de la direction du FCE.

L’influent homme d’affaires Ali Haddad, patron du groupe ETRHB et ex président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) actuellement en détention, ne doit sa richesse qu’au soutien de Saïd Bouteflika frère du Président déchu et de son hégémonie sur les marchés publics et l’argent des banques. L’homme d’affaire a su, depuis plusieurs années, asseoir son autorité et bâtir un empire financier qui dissimulait de sombres affaires. les conclusions de l’enquête préliminaire publiées sur le journal El Watan révèlent des chiffres qui font tomber à la renverse.

En effet, le Groupe ETRHB a bénéficié depuis l’année 2000 jusqu’à 2019, “de 124 marchés publics (dont la plus grande partie entre 2012 et 2018), d’un montant de 78 410 milliards de centimes”, indique la même source.

L’enquête révèle ainsi que le secteur des travaux publics “occupe la première position avec 99 marchés, pour une enveloppe de 56 430 milliards de centimes. Il est suivi de l’hydraulique avec 23 marchés d’un montant de 21 719 milliards de centimes, puis de l’énergie et des mines avec 2 marchés de plus de 261 milliards de centimes”.

Le statut de privilégié accordé à Ali Haddad n’a été possible, selon la même source, que grâce “à sa relation assez solide avec Saïd Bouteflika”.

Ce statut qui lui a permis de bénéficier, selon l’enquête,de 452 crédits auprès des banques, pour un montant de 211 000 milliards de centimes, dont 167 000 milliards de centimes, soit 83%, ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le CPA (Crédit populaire d’Algérie), avec 73 000 milliards de centimes, soit 43% des montants prêtés”. L’enquête révèle également que le nombre d’incidents de remboursement ont atteint 88, dont seulement 4 ont été remboursés par le groupe ETRHB.

Une fortune incommensurable

Le puissant homme d’affaire a pu ériger des fortunes à l’étranger. Les enquêteurs expliquent que celui-ci s’arrangeait “pour être dans des groupements de sociétés avec, comme chef de file, des entreprises étrangères – le portugais Teixeira, les turcs Mapa et Ozgun, les chinois CSCEC et Chec, l’italien Rizzani Todini, les espagnoles Ofcc, Inerica, Enyse – pour qu’elles bénéficient de la plus grande partie des montants transférables à l’étranger”.

Cette pratique lui a ainsi permis d’acheter à Barcelone, en Espagne, l’hôtel Palace “pour un montant de 55 millions d’euros, dont 44 millions proviennent d’un crédit alloué par une banque espagnole, alors que 10 millions d’euros ont été avancés par deux sociétés (5 millions d’euros pour chacune des sociétés Mapa et Teixeira Duarte), des chefs de file dans des groupements avec Haddad en Algérie”, ajoute la même source.

Lourdes pertes financières

L’enquête révèle en outre que la majorité des projets confiés à Ali Haddad “ont vu leur prix augmenter” et fait l’objet, par la suite, “d’avenants qui ont suscité de lourdes pertes financières”. Cité a titre d’exemple, “le montant des travaux d’aménagement des gorges de Kherrata, sur la RN9, arrêté à 3 526 333 646 DA et 89 350 880 euros, a connu, après la signature de l’avenant (02) une hausse de 1 250 954 582 DA et de 8 903 685 euros, soit une augmentation de 59% pour la partie en dinars et de 99,6% pour la partie en devises, avec une prolongation du délai de réalisation de 14 mois”, développe l’enquête.

Le marché de la réalisation de la ligne de tramway Alger-Est qui a été confié à Haddad, a connu également “de nombreuses violations de la réglementation”. L’homme d’affaire a soumissionné avec Meditrail et Alstom comme chef de file, “pour un montant de 3263 milliards de centimes, dont une grande partie, soit 2300 milliards de centimes, a été transférée en devises”.

“Autre contrat suspicieux, celui de la réalisation de la ligne ferroviaire de 185 km, reliant Relizane-Tiaret-Tisemsilt. Confié au groupement Infrafer-Crgl, le moins disant, ce marché a fait l’objet de recours de la part de l’ETRHB associée avec l’espagnole FCC, mais aussi de Cosider associé à l’italienne Astaldi, qui ont été rejetés par la Commission nationale des marchés en octobre 2009. Non content de ce refus, Haddad saisit, par courrier, le Premier ministre, alors Ahmed Ouyahia, lequel instruit les ministres des Finances et des Transports pour annuler l’attribution provisoire des marchés de réalisation de la ligne ferroviaire Relizane-Tisemsilt ainsi que celle Saïda-Tiaret, attribués à un groupement algéro-chinois et les affecter pour la première ligne à Haddad-FCC et la seconde à Cosider-Astaldi”, selon l’enquête.

“Ce contrat, pour un montant de près de 90 milliards de dinars, va connaître six avenants pour atteindre la somme de 102,687 milliards de dinars”, ajoute-t-on.

En 2016, l’ETRHB introduit une demande de réévaluation à la hausse des prix unitaires, acceptée par le ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemaa Talai, alors qu’un rapport du DG de l’Anesrif (Agence nationale d’étude et de suivi des réalisations ferroviaires) affirme que cette réévaluation a engendré une perte sèche de 8 milliards de dinars et que le reste de l’autorisation du programme a atteint 392 millions de dinars précisant que la hausse des besoins du projet est estimée à 25,700 milliards de dinars”, rapporte l’enquête.

Une situation qui a poussé le ministre à saisir Abdelmalek Sellal, alors Premier ministre, “par une correspondance dans laquelle il l’informe que l’exécution de l’accord de réévaluation avec l’ETRHB et l’application des montants de change au moment de la signature du même accord ont causé un préjudice financier de 9,600 milliards de dinars, alors que les travaux ne sont qu’à 28% de leur réalisation, tout en demandant des autorisations de programme complémentaire de 15 milliards de dinars pour financer les avenants signés et les travaux restants”, est-il rapporté.

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2 Comments

2 Comments

  1. Avatar

    Caton l'ancien

    27 janvier 2020 at 14:40

    Pourquoi vous l’appelez par de grands mots “Homme d’Affaires” quand ce n’est qu’un Gogo crétin, un kebch el aïd, fabriqué par la momie et son frère, comme l’ont été les Moumène Khalifa, Abdarrahmane Achour,… pour pouvoir dévaliser le pays et son peuple sans être sous les projecteurs,… mais le peuple a fini par se réveiller et il attend toujours la pendaison de la momie qu’il exige !

  2. Avatar

    Rahmania

    28 janvier 2020 at 17:49

    c’est sous le règne de Bouteflika, que ces brigands ont pillé le pays. les sommes détournées, donnent le vertige.
    vont ils être jugés équitablement? pour empêcher que de telles situations se produisent à l’avenir

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Politique

Le journaliste Sofiane Merakchi quitte la prison

Yasmine Marouf-Araibi

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© DR | Le journaliste Sofiane Merakchi

Le journaliste Sofiane Merakchi a quitté la prison d’El Harrach ce mardi 26 mai après avoir purgé sa peine de huit mois de prison ferme.

Le journaliste a été condamné à huit mois de prison ferme le 5 avril dernier. Le parquet près le tribunal dudit tribunal avait requis, le 29 mars, deux ans de prison ferme assortis d’une amende “de cinq fois le coût” de son matériel saisi.

Le journaliste et correspondent de la chaîne libanaise “Al mayadeen” a été placé en détention préventive le 26 septembre 2019 pour avoir fourni des images des manifestations populaires à des médias étrangers notamment à la chaîne télévisée Al Jazeera

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Politique

Le Président Tebboune présente ses voeux aux éléments de l’ANP et des travailleurs du corps médical à l’occasion de Aid El Fitr

Bouzid ICHALALENE

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© DR | Le président Abdelmadjid Tebboune en compagnie de feu Ahmed Gaid Salah
© DR | Le président Abdelmadjid Tebboune en compagnie de feu Ahmed Gaid Salah

Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté dimanche, à l’occasion de Aid El Fitr, ses vœux aux éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) et des corps de sécurité, ainsi qu’au travailleurs du corps médical et paramédical.

“A tous les vaillants éléments de l’ANP, officiers, sous-officiers et soldats, plus particulièrement, ceux qui sont déployés le long de nos frontières, je vous souhaite une heureuse fête de l’Aïd. Je prie Dieu le Tout puissant de guider nos pas au mieux des intérêts de notre chère patrie”, a écrit le Président de la République sur son compte Tweeter.

Adressant également les vœux à tous les éléments de la Gendarmerie nationale (GN), de la Police et de la Protection civile, le Président de la République a écrit : “Que votre Aïd soit béni et joyeux. Vous êtes la force de notre pays, puisse Dieu le préserver de tout malheur”.

Le Président de la République a souhaité “une joyeuse fête de l’Aïd à tous les médecins et paramédicaux et à tous ceux qui sont en premières lignes face à l’épidémie de Covid-19». Et d’ajouter : “Nous n’oublierons jamais vos sacrifices pour l’Algérie, que Dieu guide vos pas vers davantage de succès et préserve notre pays”.

Avec APS

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Politique

Concert virtuel d’artistes pour soutenir les prisonniers du “Hirak”

Kenza Ait Bachir

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© INTERLIGNES. 47e mardi de mobilisation consécutif.

On ne s’arrêtera pas! On ne se taira pas!” Des artistes algériens se mobilisent samedi pour un concert de solidarité diffusé en ligne afin de soutenir les prisonniers du “Hirak”, le mouvement populaire antirégime, et défendre la liberté d’expression en Algérie.

Le concert –nommé “Songs of Freedom” (Chants de liberté)– est organisé par un regroupement de collectifs de la diaspora algérienne. Il sera diffusé samedi à partir de 20H00 GMT (21H00 à Alger) sur YouTube et plusieurs pages Facebook, à quelques heures de l’Aïd El-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, selon les organisateurs.

L’idée du concert est née à l’initiative de Free Algeria, qui réunit des collectifs de la diaspora disséminés en France, aux Etats-Unis, en Suisse, en Belgique, en Italie ou encore en Autriche. Les organisateurs ont recueilli le soutien d’une quinzaine d’artistes algériens et de médias comme Radio Corona Internationale, Wesh Derna, Berbère TV et L’Avant-Garde, “site d’information des luttes progressistes”, récemment censuré en Algérie.

Parmi les artistes qui monteront virtuellement sur scène: le groupe algéro-québecois Labess, le rockeur gnawi Cheikh Sidi Bémol et la chanteuse de rock progressif Amel Zen. Ces derniers ont envoyé un clip vidéo avec un message adressé aux détenus du “Hirak” suivi de leur performance musicale, explique à l’AFP Faïza Menai, membre du collectif Debout l’Algérie et de Free Algeria, saluant le courage des artistes basés en Algérie qui participent à l’événement malgré le climat de répression.

La compilation des contributions aboutira à un concert d’un peu plus d’une heure. –

“Deux virus: corona et répression”

En dépit de l’arrêt forcé des manifestations du “Hirak” depuis la mi-mars, à cause de l’épidémie de Covid-19, la répression continue de s’abattre sur des opposants politiques, des journalistes, des médias indépendants et des internautes.

Quinze militants ont été condamnés cette semaine à des peines de prison ferme, dont trois pour leurs publications sur les réseaux sociaux. “Ce soir nous allons chanter pour les détenus d’opinion.

Nous allons veiller et penser à tous ces prisonniers politiques enfermés dans leur cellule, loin de leurs parents, de leur famille, de leurs enfants, de leurs amis”, a écrit Cheikh Sidi Bémol sur Facebook. “Je participe en solidarité avec les détenus. Il faut les libérer! Ce n’est pas normal de continuer à réprimer les libertés”, a déclaré Amel Zen à l’AFP.

“Nous avons deux virus: le corona et la répression.” Les noms d’une soixantaine de prisonniers du “Hirak” et les photos de quelques-uns d’entre eux figurent sur l’affiche du concert qui circule sur les réseaux sociaux. Parmi les slogans en arabe et en français qui apparaissent sur l’affiche: “On ne s’arrêtera pas! On ne se taira pas! Pour un Etat de droit! Pour une liberté d’expression!”. Selon le groupe Labess, “la liberté d’expression et le respect des droits de l’Homme sont en danger en Algérie”.

“Les médias sont muselés, des jeunes sont arrêtés pour de simples publications sur les réseaux sociaux. Nous devons les soutenir, montrer qu’ils sont toujours dans nos pensées”, a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens, le “Hirak” réclame un changement du “système” en place depuis l’indépendance du pays en 1962. En vain, jusqu’à présent, même s’il a obtenu en avril 2019 la tête du président Abdelaziz Bouteflika après 20 ans de règne.

Vous pouvez vous inscrire à l’événement avant même son lancement pour recevoir une alerte et ne rien manquer.

Avec AFP

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