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Accusé de viols, Tariq Ramadan est maintenu en détention provisoire (Actualisé)

Accusé de viols par deux femmes, Tariq Ramadan reste en prison après la décision d’un juge des libertés et de la détention (JLD), accentuant la chute d’un théologien aussi influent que controversé.

Bouzid ICHALALENE

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L'islamologue suisse Tariq Ramadan, accusé de viol par deux femmes en France, a été placé en garde à vue mercredi par les enquêteurs de la police judiciaire parisienne, a-t-on appris de source judiciaire.

L’islamologue suisse, écroué depuis vendredi après sa mise en examen à Paris, avait demandé un débat différé sur sa détention, le temps de préparer sa défense. A l’issue d’une audience à huis clos mardi, le JLD a toutefois suivi les réquisitions du parquet et ordonné son placement en détention provisoire, ont indiqué des sources judiciaire et proche du dossier. Pour se décider, le magistrat a pu juger insuffisantes les garanties de représentation de M. Ramadan –qui possède notamment un passeport suisse– ou craindre d’éventuelles pressions sur les plaignantes ou d’autres femmes. Depuis le début de l’affaire dans le sillage du scandale Weinstein, le théologien conteste les accusations portées par deux femmes ayant déposé plainte contre lui pour des faits qui auraient eu lieu en 2009 et 2012. Selon une source proche du dossier, deux autres femmes ont par ailleurs témoigné sous X contre l’islamologue de 55 ans et seraient susceptibles de déposer formellement plainte contre lui.

rères musulmans

Les faits dénoncés se seraient déroulés dans des hôtels, en marge des conférences à succès données en France par l’intellectuel, qui jouissait d’une certaine aura et dont la mise en cause a ébranlé la communauté musulmane en France. Ce petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans, accusé par ses détracteurs de promouvoir un islam politique et de manier le double discours, avait fustigé « une campagne de calomnie » au début de cette affaire, pour laquelle trois juges d’instruction ont été désignés. L’une des deux plaignantes, une femme de 40 ans qui a choisi le pseudonyme de « Christelle » et souffre d’un handicap physique, accuse l’universitaire de l’avoir violée et frappée lors de leur unique rencontre à Lyon en 2009. Elle a été confrontée à M. Ramadan la semaine passée pendant trois heures, lors de la garde à vue de ce dernier. La seconde plaignante, Henda Ayari, accuse, elle, Tariq Ramadan de l’avoir violée à Paris en 2012. Cette ancienne salafiste devenue militante féministe avait déjà raconté la scène dans son autobiographie en 2016, mais en désignant son agresseur présumé par un pseudonyme. En réponse, la défense de l’intellectuel avait versé au dossier des échanges sur Facebook censés discréditer la parole de cette femme de 41 ans.

Courrier à la Garde des Sceaux

Ses avocats ont également écrit à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour demander la saisine de l’Inspection générale de la justice, affirmant que l’enquête préliminaire a été émaillée de dysfonctionnements qui ont nui à leur client et s’appuyant sur deux documents. D’abord, une note transmise aux autorités judiciaires de Paris le 6 décembre et qui décrit l’agenda de M. Ramadan le 9 octobre 2009, date à laquelle « Christelle » l’accuse de l’avoir violée. Cette note, transmise la semaine passée aux enquêteurs, fait état d’une réservation de billet d’avion pour une arrivée à Lyon à 18h35, alors que la plaignante a évoqué un viol ayant eu lieu l’après-midi., « Il est incompréhensible que cette note n’ait pas été communiquée préalablement aux enquêteurs, comme l’ont été toutes les autres notes que nous avons déposées depuis le mois d’octobre » alors qu’elle contient « des éléments à décharge très importants » pour leur client, écrivent les avocats de M. Ramadan dans ce courrier à la ministre de la Justice, dont l’AFP a eu connaissance.

Michel Debacq

Ils s’y étonnent également que les enquêteurs n’aient pas cherché à identifier le juge cité par l’essayiste Caroline Fourest, opposante de longue date de M. Ramadan, qu’elle dit avoir mis en contact avec « Christelle » en novembre 2009. Soupçonnant ce magistrat d’être en poste à Paris, ils s’inquiètent « qu’il travaille sur le dossier de Monsieur Ramadan, qu’il soit amené à le faire ou a minima qu’il soit en contact avec des magistrats travaillant sur ce dossier ». Selon le JDD, il s’agit de Michel Debacq, actuel avocat général à la cour de cassation. « Pour moi, les faits étaient caractérisés. Je lui ai vivement conseillé d’aller porter plainte », a-t-il raconté au site internet de l’hebdomadaire.

 

Avec AFP

Directeur de publication. Passionné par l'enquête et le reportage. Je m'intéresse à tout ce qui se passe autours de moi.

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1 commentaire

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    sellami

    13 février 2018 à 11:09

    Elle n’est pas contre la langue Amazigh mais contre le dialecte kabyle qu’on veut imposer de force au détriment des autres dialectes que renferme la langue Amazigh.

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Mali : Treize militaires français tués dans une collision accidentelle de deux hélicoptères

Treize militaires français de la force Barkhane ont été tués au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d’une opération de combat contre des terroristes, a annoncé mardi la présidence française.

Achour Nait Tahar

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©DR| Militaires français tués au Mali

Le président Emmanuel Macron a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef« , a ajouté la même source.

« Il s’agit de l’un des plus lourds bilans humains essuyé par l’armée française depuis l’attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983« , est-il rapporté. Cet incident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l’intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, selon l’Agence France Presse, AFP.

Mi-juin dernier, trois soldats français avaient été blessés dans l’atterrissage d’urgence de leur hélicoptère lors d’une opération conjointe avec l’armée malienne dans le nord-est du Mali, avait annoncé l’état-major des armées française dans un communiqué, faisant savoir que leurs jours n’étaient pas en danger.

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Immigration professionnelle: la France fixera des « quotas » à partir de 2020

La France fixera à partir de 2020 des quotas annuels de ce qui est appelé «l’immigration professionnelle», en fonction de ses besoins en main d’œuvre, a déclaré hier mardi, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur BFMTV/RMC.

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Crédit photo: DR. Muriel Pénicaud, ministre du Travail française

Cette annonce qui intervient à la veille d’un conseil interministériel sur l’immigration convoqué par le Premier ministre Edouard Philippe, se veut une réponse chiffrée aux besoins de la France

«L’idée, c’est d’avoir des objectifs chiffrés, ou des quotas, c’est une question de sémantique», a expliqué la ministre précisant que la priorité pour le gouvernement est «de répondre à nos besoins le plus possible en misant sur la formation».

Pour ce faire, Mme Pénicaud révèle que son gouvernement table sur la formation de quelque 960.000 demandeurs d’emploi l’année prochaine, «notamment des jeunes, pour prendre le plus d’emplois possible».

La liste des métiers en tension sera revue chaque année, affirme Muriel Pénicaud. Puis, «en fonction des besoins non couverts, on va fixer les besoins par métier et par territoire».

La personne qui viendra travailler en France aura un visa de travail «pour une durée et un métier déterminé», à l’image de ce que font le Canada et l’Australie. Il s’agit, selon la ministre, d’une obligation : «Il y a toujours des métiers en tension qui ne sont pas pourvus. Il y aura toujours des besoins complémentaires (…) On complète les ressources humaines de la France. En complément, l’immigration, c’est une chance pour la France».

Pour la ministre, la tache visant à déterminer le nombre d’immigrés professionnels dont la France à besoin, incombera aux «partenaires sociaux et aux régions»

Le principe est que, précise-t-elle, «ceux qu’on accueille au titre de l’immigration professionnelle doivent correspondre aux besoins qu’on n’arrive pas à pourvoir».

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Syrie: le retrait des forces kurdes est terminé, affirme Moscou

Les forces de la milice kurdes des YPG ont achevé leurs retrait de la zone frontalière avec la Turquie, a annoncé, hier mardi, le ministère russe de la défense. Ce retrait fait suite à l’accord signé entre la Russie et la Turquie à Sotchi le 22 octobre passé.

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Crédit photo: DR. Le retrait des forces kurdes dans le nord de la Syrie est terminé, affirme Moscou

Le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou a annoncé la fin du retrait des troupes kurdes de la zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie. « Le retrait des unités armées du territoire où devrait être mis en place un couloir de sécurité a été achevé avant la date prévue. Des agents des services frontaliers syriens et notre police militaire y sont entrés », a déclaré le ministre russe de la défense.

Les deux pays ont signé en commun accord un mémorandum, le 22 octobre, dans lequel il est exigé de la milice kurde de s’éloigner de 30 kilometres tout au long de la frontière Turque.

Pour sa part le président turc Reccip Tayip Erdogan, fait savoir qu’Ankara et Moscou mèneraient alors des patrouilles conjointes pour vérifier le retrait des Kurdes. La Russie a commencé les patrouilles dans cette zone frontalière entre la Syrie et la Turquie conformément à l’accord conclu entre Moscou et Ankra.

Par ailleurs, la Turquie menace de reprendre son opération militaire si les kurdes ne se conforment pas aux termes de cet accord. « Nous nous réservons le droit de reprendre notre opération si nous voyons que les terroristes ne se sont pas retirés au-delà de 30 km ou si les attaques continuent, d’où qu’elles viennent», a souligné le dirigeant turc.

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