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Politique

56e vendredi du Hirak : « le système est plus nocif que le coronavirus »

Melissa NAIT ALI

Publié

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© Meriem Nait Lounis | 56e vendredi de mobilisation à Alger

Le mouvement populaire ne cède pas à la psychose. Malgré les craintes justifiées suscitées par la propagation de la pandémie du coronavirus et l’annonce de la fermeture des écoles, des universités et des centres de formation professionnelles, les Algériens sont sortis massivement pour dire, un fois de plus, que la révolution pacifique se poursuivra encore.

En effet, le 56e vendredi de la mobilisation a été marqué par un engouement populaire impressionnant. A Alger et dans de nombreuses villes du pays, des foules nombreuses ont battu le pavé et ont affiché leur détermination à poursuivre la lutte pacifique pour l’avènement d’une République démocratique.

A Alger, à Annaba, à Constantine, à Sétif, à Jijel, à Bejaia, à Bouira, à Tizi Ouzou, à Boumerdes, à Blida, à Mostaganem, à Oran et à Tlemcen, à El Oued, la mobilisation était au rendez-vous.

Les marcheurs, dont certains portaient des masques de protection, affirme, toutefois, que le « le système est plus nocif que le coronavirus ». Donc point de peur. Du moins pour l’instant. Malgré l’enregistrement de deux décès parmi les 24 cas de contamination recensés jusque-là, les manifestants restent concentrés sur l’objectif final : la rupture avec le système en place.

Comme à chaque vendredi, Alger a été le théâtre d’au moins trois manifestations, dont la plus importantes s’est ébranlée à partir de Bab El Oued, en passant par la place des martyrs avant d’arriver à Alger-Centre. En effet, une marée humaine a déferlé sur la Rue Aslah Hocine, entonnant des slogans hostiles au pouvoir en place, au président Tebboune et au commandement militaire.

De nombreuses arrestations

Les manifestants, à la rue Didouche Mourad, menacent de revenir, demain samedi 14 mars, dans la rue pour une nouvelle manifestation. Ils veulent défier le pouvoir en place qui ne veut pas d’une nouvelle journée du Hirak, après celle de vendredi et de mardi.

La répression qui s’est abattue sur les manifestants, samedi dernier, n’a pas lassé les hirakistes indifférents. Ils affichent, ainsi, leur détermination à investir également la rue pour maintenir la pression sur le pouvoir en place.

Les foules des manifestants réclament, à nouveau, la libération des détenus politique et d’opinion, dont Karim Tabbou, le président de l’Association RAJ, Abdelwahab Fersaoui, Samir Belarbi, placé à nouveau sous mandat de dépôt. En dépit du caractère pacifique de la marche, les forces de police ont quand même procédé à des interpellations de manifestants, dont deux étudiants.

Bien avant le début de la manifestation, les forces de police ont procédé, au moins, à une trentaine d’arrestation, notamment à proximité de la rue Didouche Mourad. On ignore, pour s’ils ont remis en liberté à la fin de la marche ou non. Arrêté et placé sous contrôle judiciaire, mardi dernier, le journaliste Khaled Drareni, est revenu aujourd’hui dans la marche pour poursuivre son travail de journaliste.    

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