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Politique

32e vendredi de la mobilisation : référendum populaire contre « le 5e mandat déguisé »

 Nouveau référendum populaire contre « le coup de force » du pouvoir en place. Le mouvement populaire confirme, à nouveau, qu’il « n’est pas une minorité », mais plutôt une écrasante majorité du peuple décidé à prendre son destin en main.

Melissa NAIT ALI

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© INTERLIGNES | 32e vendredi de mobilisation devant la Grande Poste à Alger
© INTERLIGNES | 32e vendredi de mobilisation devant la Grande Poste à Alger

Il le fait savoir avec l’impressionnante mobilisation enregistrée à l’occasion de cette 32e semaine du Hirak. En effet, les rues de places de la capitale, Alger, étaient, aujourd’hui, noires du monde. Des centaines de milliers de manifestants sont sortis pour dire « non au fait accompli » et « à la présidentielle du 12 décembre prochain ».

La réponse de la rue était égale ou supérieure, de l’avis des observateurs, à l’entêtement des tenants du pouvoir qui foncent, tête baissée, vers l’organisation d’une joute électorale à laquelle il a déjà préparé une brochette de prétendants.

En dépit des arrestations arbitraires, des intimidations quotidiennes et de la propagande menée par la machine médiatique du régime, le mouvement populaire reste inébranlable. Il est même convaincu de la victoire qui ne saurait tarder à se profiler à l’horizon.

C’est pourquoi les manifestants ne jurent que par l’échec des plans du système. A moins de deux mois du rendez-vous électoral, les électeurs sont plutôt dans la rue pour rejeter cette échéance qui remettrait, à leurs yeux, le système sur selle.

« Makench el Khamsa y a boualita, djibou el BRI zidou Sa3iqa (pas de 5ème mandat déguisé monsieur le ventru, faites appel à la BRI et aux forces spéciales », lancent les manifestants qui ont déferlé, des quatre coins d’Alger, mais aussi des wilayas limitrophes.

En effet, à Alger, il y avait  plusieurs marches aujourd’hui. Elles ont toutes convergé vers les places de la Grande Poste et la place Audin, où se sont rassemblés déjà plusieurs centaines de manifestants dès le début de la matinée.

Des milliers de personnes dans la rue Hassiba Ben Bouali

© INTERLIGNES | Des milliers de personnes dans la rue Hassiba Ben Bouali

« Ni Benflis, ni Tebboune »

La première marche, composée de plusieurs milliers de manifestants, s’est ébranlé de la place du 1er mai. Emblèmes et pancartes à la main, les marcheurs expriment clairement leurs opposition à la présidentielle du 12 décembre.

Ils tirent aussi à boulet rouge sur les candidats à la candidature qui s’apprêtent à se mettre sur les starkings-blocks, notamment le président Talaie El Hourriyat, Ali Benflis, et l’ancien premier ministre de Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune.

« La Benflis, la Tebboune, Hada Echaab houwa Errais (ni Benflis, ni Tebboune, le président c’est le peuple », scandent-ils en arpentant la rue Hassiba Benbouali pour monter vers la Grande Poste en passant par le boulevard du colonel Amirouche.

L’autre marrée humaine est venue la place des Martyrs, pour rejoindre aussi le point de chute, la Grande Poste, en scandant « Imazighen, Casbah Bab El Oued ». Les protestataires ont aussi repris les mêmes slogans rejetant les élections et le pouvoir militaire.

« 3amrou el istimarat fi el imarat (remplissez vos formulaires de souscription aux Emirats Arabe Unis) », « makenche intikhabat ya el 3issabat (pas d’élection espèce de bande) », Makench le vote, wallah ma nidrouh, Bedoui Bensalah lazem Itiro (pas d’élections, elles n’auront pas lieu. Bedoui et Bensalah doivent partir) », lancent-ils.

Les manifestants n’ont pas manqué l’occasion de régler son compte au chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, auquel il demande de dégager. « Echaab yourid, isqat Gaïd Salah » et « les généraux à la poubelle et l’Algérie recouvrira son indépendance », lance la foule qui ne cessait de prendre de l’ampleur.

Les protestataires réclament aussi la libération des détenus d’opinion et politiques, dont le coordinateur de l’UDS, Karim Tabbou, libéré mercredi et interpelé le lendemain pour le jeter à nouveau en prison : « Karim Tabbou Echaab ihabou (Tabbou est aimé par le peuple) » et « libérez nos enfants. Libérez les détenus ».

Politique

ABEF, la note qui risque de provoquer des pénuries et une flambée des prix

Avec toutes les lois et décrets régissant le commerce extérieur, alourdissant cette activité et occasionnant des surcoûts inutiles aux produits importés, une nouvelle mesure entrera en vigueur le 31 décembre 2019. Cette mesure est à ajouter au chapelet de lois de la LFC 2020 adoptées par l’APN.

Kenza Ait Bachir

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Le Président de l'association des producteurs algériens des boissons (APAB), Ali Hamani a affirmé, en marge de la Conférence de presse tenue mardi,  19 février au siège de la NCA Rouiba, à Rouiba, que l'export demeure un moyen impératif pour l'entreprise afin d'assurer sa pérennité.  
© DR | Photo port d'Alger (archives)

Dans un courrier, daté du 30 septembre dernier et adressé aux banques, l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers (ABEF) informe de nouvelles dispositions mises en place pour la gestion du commerce extérieur, c’est-à-dire les importations. Le courrier, portant références 479/DGC/2019, concernait les importations en CKD/SKD de téléphones mobiles ainsi que les produits électroménagers dans un premier temps, puis devrait être élargi à toutes les importations au plus tard le 31 Décembre 2019.

Les nouvelles dispositions émises par l’ABEF ont trait, principalement, au payement des importations « Le paiement de ces importations devra se faire exclusivement par différé de paiement avec un délai obligatoire compris entre neuf (9) mois au minimum et une année (360 jours) au maximum » est-il annoncé dans le courrier.

Nouvelles dispositions ou tour de vis ?

L’étau se resserre un peu plus sur les importateurs, vu qu’auparavant la réglementation des changes pour la gestion du Comex (commerce extérieur) permettait aux opérateurs économiques d’inclure le prix du fret dans la facture, en payant en CFR (Coût et Fret). « Les importations doivent se faire exclusivement sur la base de l’Incoterm FOB », indique la note de l’ABEF qui poursuit « Aussi, il est à noter que la mesure concernant l’utilisation de l’Incoterm FOB devra être généralisée sur l’ensemble de nos importations au plus tard le 31 Décembre 2019 ». C’est-à-dire que seuls les montants déclarés pour les produits acquis seront payés et transférés en devises. Le coût du transport, maritime ou aérien, sera payé en dinars algériens aux compagnies de transport.

Pour le commun des mortels, cette décision est somme toute anodine. Seulement, les quatre ou cinq grosses compagnies maritimes internationales qui relient l’Algérie au reste du monde risquent de se désintéresser définitivement du marché algérien vu qu’ils ont déjà des difficultés à transférer, comme le leur permet la loi, une partie des gains réalisés localement. A l’avenir, qu’en sera-t-il des masses d’argent que va engendrer une telle mesure ?

D’aucuns parlent de l’abandon pur et simple de l’activité par ces géants du fret si des mesures concrètes ne sont pas prises pour leur faciliter le transfert en devises des dividendes. Prenant les devants face à un tel risque, l’ABEF recommande « Que les opérateurs œuvrant dans cette activité doivent avoir recours en priorité à la capacité nationale de transport maritime, chaque fois qu’un tel choix est possible ». Est-ce à dire que la CNAN et ses filiales pourront pallier à l’absence des grosses écuries du transport maritime ? Il n’est pas certain qu’une entreprise ne possédant que quelques navires vieillissants puisse assumer les volumes annuels à l’import.

Depuis quelques jours, les établissements bancaires prennent attache avec leurs clients pour les informer des nouvelles dispositions. Pris de court, certains opérateurs ont dû surseoir à leurs achats étrangers. De nouvelles pénuries se profilent-elles pour 2020 ?

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Politique

Mohcine Belabbas charge Gaid Salah et appelle à « intensifier » la mobilisation

Le président du RCD, Mohcine Belabbès, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour attaquer de front les véritables détenteurs du pouvoir notamment le chef de corps d’armée Ahmed Gaid Salah. Dans un communiqué rendu public, ce mardi, il indique que le dernier discours du général de corps d’armée n’est pas « rassurant » et appelle à intensifier la mobilisation pour faire front à ceux qui veulent « fermer les portes aux aspirations populaires ».

Kenza Ait Bachir

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Le pouvoir de fait est dans la « dérive » et il patauge dans « l’irresponsabilité périlleuse » pour le pays, « le manque de discernement flagrant » et « l’incompétence avérée ». Tel est le diagnostic politique fait par le président du RCD, Mohcine Belabbas, suite au nouveau discours prononcé ce mardi par le chef d’état major depuis Ouargla.

Pour Mohcine Belabbas, « spéculer et bavarder des soutiens à l’armée comme si elle était en compétition politique, alors que la campagne de répression et d’arrestation des citoyens qui manifestent pacifiquement s’accentue, ne rassure guère », assène-t-il en assurant que « c’est le mépris envers le peuple et le cynisme des dirigeants qui sont à la base de nos problèmes », poursuit le chef de file « progressiste »

Convaincu qu’il faut « mettre l’Algérie et son intérêt suprême au-dessus de toute considération personnelle, de clans ou de maintien au pouvoir« , le chef du RCD appelle à « intensifier la mobilisation pour faire barrage à ceux qui s’échinent, à travers le squat des centres de décisions, à fermer les portes aux aspirations populaires, au progrès et à la prospérité« .  « Il n’y a pas d’autres solutions viables et durables« , conclut-il

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Politique

Des journalistes suspendus pour avoir dénoncé la censure au Temps d’Algérie

Le nouveau directeur du groupe média « Temps nouveaux », Mouloud Louali, appartenant à l’homme d’affaire Ali Haddad, actuellement en prison, vient de sanctionner plusieurs journalistes du journal Le Temps.

Bouzid ICHALALENE

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© Une du Temps d'Algérie
© Une du Temps d'Algérie

Tout a commencé quand le journaliste Aissa Moussi s’est démarqué, hier 18 novembre, sur son compte Facebook du contenu de la Une du journal qui l’emploie. «Par devoir de vérité, d’éthique et de conscience professionnelle, après des semaines d’une intenable situation au sein de notre rédaction, et malgré qu’il ne s’agisse pas de mes propres écrits, je ne peux continuer à rester de marbre » a-t-il écrit sur sa page Facebook, tout en précisant que « de ce fait, en tant que journaliste de ce média (Le temps d’Algérie Ndlr), je me démarque d’une telle couverture voire même du contenu qui ne reflète aucunement la réalité du terrain. Une honteuse orientation dictée par les nouveaux maîtres du moment au Groupe Média Temps Nouveaux » a-t-il dénoncé.

 

Aujourd’hui, 19 novembre, le même journaliste a reçu un premier questionnaire de sa direction lui demandant de « justifier ce comportement ». Quelques minutes plus tard, c’est un agent de sécurité qui a été chargé par la direction de demander au journaliste de « quitter la salle de rédaction et de ne plus revenir jusqu’au prochain conseil de discipline », nous confie une source au sein de la rédaction. Quatre membres de la rédaction dont un rédacteur en chef « se sont opposés à cette décision et ont demandé à l’agent de quitter les lieux et de demander au directeur de venir les voir à la rédaction » précise la même source.

Quelques minutes plus tard, un deuxième agent de sécurité revient et demande à Aissa Moussi de répondre à un autre questionnaire dans lequel « il lui est demandé de justifier sa publication sur Facebook concernant la Une de la veille », ajoute la même source. L’agent de sécurité remet également aux quatre journalistes, solidaires avec Aissa, des questionnaires et leur transmet un message du directeur, leur disant que « ceux qui sont solidaires peuvent aussi partir avec lui », ajoute la même source.

Nous avons réussi à joindre le rédacteur en Chef, Said Mekla, qui nous a confirmé tous les faits. Le journaliste Aissa Moussi, a précisé sur sa page Facebook, hier, qu’« être journaliste, c’est aussi savoir faire preuve d’honnêteté avec soi-même et avec l’opinion en ces moments historiques de la vie de notre pays l’Algérie ». Nous avons essayé de joindre Mouloud Louali par téléphone, mais ce dernier n’a pas donné suite à nos appels.

En signe de solidarité avec leur collègue, les journaliste du Temps d’Algérie ont décidé de ne pas participer dans la production du journal pour le lendemain.

Cette censure intervient alors que des centaines de journalistes ont signé un texte dans le but de se démarquer des agissement et de la censure que pratiquent certaines patrons de presse.

 

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