20e mardi des étudiants: « ça y est, c’est bon, echaâb Président »

Crédit photo:Sami.K. 20 mardi de mobilisation estudiantine

Infatigables et déterminés, ils ont juré d’aller jusqu’au bout de leur « révolution pacifique » pour voir leur avenir et celui du pays sous un jour meilleur. Les étudiants, animés par une force de résistance dont on ne soupçonne pas la puissance, ont battu le pavé pour le 20ème mardi consécutif réclamant, inlassablement, le départ de toutes les figures de l’ancien régime et l’instauration d’un Etat civil et démocratique.

  Les étudiants toujours au rendez-vous ! Comme à leur récente habitude, ils se sont rassemblés à la Place des Martyrs pour donner le coup d’envoi de leur marche qui se dirigera jusqu’à la place Maurice Audin. Mobilisés par milliers, les jeunes Hirakstes ont crié leur colère et réclamé le départ du système. « Système dégage », « Bensalah n’est pas président », scandent à gorges déployés les étudiants. Dénonçant les arrestations arbitraires dont font l’objet les citoyens lors des dernières manifestations, les marcheurs ont exigé leur libération immédiate criant à tue-tête « libérez les détenus ». Exprimant leur solidarité, ils ont également réclamé la libération du Moudjahid Lakhdar Bouregaâ.

Crédit photo:Sami.K

« Etat civil et non militaire », « Gaid Salah, nous ne sommes ni l’Egypte ni le Soudan », « l’Armée et le peuple sont frères, Gaid Salah est avec les traitres », scandent les manifestants comme pour dénoncer l’immixtion de l’institution militaire dans les affaires politiques du pays ainsi que les dernières décisions de l’Etat-major, qui, selon les jeunes manifestants, n’apportent aucune solution à l’impasse politique mais, au contraire, aggravent davantage la situation et font perdurer la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis plus de quatre mois. Mellouk Benyoucef, le fameux dénonciateur des faux Moudjahidine reste fidèle à son engagement contre le pouvoir et participe comme chaque mardi à la marche des étudiants. Sa revendication principale est la libération de la justice des mains de « la bande » et « des traitres ». « Nous réclamons l’assainissement de la justice. On ne peut espérer un changement de la situation tant que ces magistrats au service de la Issaba sont toujours là », assène-t-il tout en soulignant que la dernière conférence nationale du dialogue est contestable dés lors qu’elle est, elle aussi, présidée par les anciennes figures du système.

Halte au régionalisme et au racisme

Les jeunes Hirakistes n’ont pas manqué de réitérer leur appel à l’unité nationale, mettant en garde contre la volonté du pouvoir de diviser le peuple pour casser le mouvement populaire. « Kabyle, Arabe sont des frères », « non au régionalisme, oui à l’unité nationale », scandent joliment les étudiants qui ont également dénoncé la politique répressive du pouvoir contre les manifestants. « La répression n’aura aucun effet sur silmiya silmiya », lit-on sur une pancarte brandie par un étudiant qui dirige le mouvement.

Crédit photo: Sami.K

Il convient de préciser que le 20ème mardi de mobilisation des étudiants coïncide avec la fin légale du mandat du Président par intérim, Abdelkader Bensalah, fixé pour le 9 juillet selon l’énoncé de la Constitution. Un énoncé relatif à son article 102, qui stipule qu’après son application, c’est le président du Conseil de la nation qui héritera des commandes du pays pendant une période de 90 jours.

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