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Politique

111e vendredi du Hirak : au 2e anniversaire de la chute de Bouteflika, la révolution poursuit son chemin

Melissa NAIT ALI

Publié

le

© INTERLIGNES | 111e vendredi de mobilisation à Alger

2 avril 2019-2avril 2021. C’est le deuxième anniversaire de la chut du président Bouteflika poussé à la porte de sortie par le mouvement populaire. Deux ans après, le Hirak reste mobilisé et déterminé à arracher d’autres « victoires ».

En effet, les manifestants ne se sont pas attardés, à cette occasion, cet acquis, non négligeable. Mais ils se fixent un nouveau cap en insistant sur l’unité des rangs. Pour le 111e vendredi, les hirakistes ont affiché une certaine maturité politique, traduite particulièrement par la qualité des slogans scandés ou transcrits sur des banderoles et des pancartes.

Pour cette nouvelle journée, plusieurs centaines de milliers de personnes ont battu le pavé dans plusieurs grandes villes du pays : Alger, Annaba, Constantine, Sétif, Bejaia, Tizi Ouzou, Bouira, Oran et Tlemcen. Munis de drapeaux et d’emblèmes, les manifestants sont sortis massivement à Alger pour notamment montrer qu’ils ont dépassé les clivages idéologiques suscités récemment.

Cela est confirmé dans certains mots d’ordre transcrits sur des pancartes : « Il y des laïc et des islamistes. Ils peuvent vivre en communion dans le cadre des principes démocratique ». Sur une autre, on pouvait aussi lire : « non à l’utilisation du Hirak pour solder des comptes et faire dans le révisionnisme. Oui pour une justice transitionnelle ».

Ces deux messages constituent, sans doute, une réponse à la polémique actuelle concernant l’emprise des « islamistes sur les Hirak ». Cette nouvelle journée de la mobilisation a été marquée, notamment, par la forte mobilisation de la marche venant de Bab El Oued.

De l’avis des observateurs, cette manifestation a drainé le plus de foules à Alger, dans la mesure où plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette manifestation, devenue une véritable attraction. Même ceux qui entame la marche à Alger-Centre et à la place du 1er mai font le déplacement vers la place des martyrs ou à la rue Asslah Hocine pour accompagner la déferlante humaine venant de Bab El Oued.

Ils donnent ainsi naissance à une véritable marrée humaine qui a marché sur des kilomètres, pour arriver à la grande poste. Les marcheurs ont scandé différents slogans, exprimant la détermination du mouvement à n’accepter qu’un changement radical du mouvement. 

 Saad Eddine Marzouk, en vedette   

En plus des habituels « Daoula madania, machi 3askaria (pour un Etat civil et non pas militaire) », les attaques en règle contre « les généraux », les « services de renseignement » et le chef de l’Etat, les manifestants revient aussi à l’exigence initiale de « l’Algérie libre et démocratique ».

© Samir Sid | 111e vendredi du Hirak à Alger

« Tahia El Djaziar, daoula madania, Tahia el Djazair matchi 3askaria (Vive l’Algérie, Etat-civil, vive l’Algérie non pas militaire », lancent les manifestants. Pour ce 111e vendredi, les manifestants ont affiché aussi leur soutien au magistrat et président du syndicat non agréé, le Club des magistrats, Saad Eddine Marzouk, qui est suspendu et sans salaire depuis plus d’une année. Ses portraits ont été brandis par des manifestants avec la mention : « Nous sommes tous le juge Merzoug ».

Des marches similaires ont lieu également à Tizi Ouzou, Béjaïa, Skikda, Annaba et Oran, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux. A la fin de la marche, selon le CNLD, plusieurs activistes ont été interpellés à Tizi Ouzou, à El Oued et à Relizane.

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