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Politique

108e vendredi du Hirak : le « corps électoral » exige un changement radical

Melissa NAIT ALI

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© SAMI K | 108e vendredi du Hirak à Alger
© DR| 108e vendredi du Hirak à Alger

Nouveau vendredi de la mobilisation. Au lendemain de la convocation du corps électoral pour les législatives programmées pour le 12 juin prochain, des milliers d’Algériens sont redescendus, aujourd’hui 12 mars, dans les rues de plusieurs villes du pays pour dire leur mot. Ils réservent, comme prévu, une fin de non-recevoir à la démarche du pouvoir qui a entamé, depuis des mois déjà, la mise en œuvre de sa feuille de route.


En effet, à l’occasion du 108e vendredi du mouvement populaire né depuis le 22 février 2019, des marches imposantes ont eu lieu à Alger, à Annaba, à Constantine, à Bordj Bou Arreridj, à Bejaia, à Tizi Ouzou, à Bouira et à… Oran.

Par milliers, les manifestants sont sortis peu avant 14h00 pour battre le bavé et affirmer leur attachement à la satisfaction pleine et entière des revendications du peuple algérien, loin des rafistolages proposés jusque-là par le pouvoir en place.

Les réactions ne s’attardent pas, en effet, sur l’agenda électoral du régime en place. Pour les manifestants, ces élections « ne constituent nullement une réponse aux revendications des Algériens ».
«Nous avons dit, dégagez tous », lancent les protestataire, dont les rangs se renforcent d’une semaine à l’autre, depuis la reprise, le 22 février dernier, des marches du Hirak.

A Alger, il y a eu, au moins trois marches, qui ont toutes convergé vers le Grande Poste et la Place Maurice Audin. La première procession s’est ébranlé à partir de la place du 1er mai en direction de d’Alger-Centre en passant par la rue Hassiba Ben Bou Ali. Le deuxième est venu du quartier populaire de Bab El Oued en passant par la place des martyrs, le boulevard Zighout Youcef et la rue Aslah Hocine. Les processions se sont rencontrés au niveau le place de la Grande Poste où se sont rassemblés aussi des manifestants, nombreux, venus de la rue Didouche Mourad.

Un fait marquant a caractérisé cette journée de mobilisation à Alger. Pour la première fois depuis le début du hirak des journalistes ont été pris à partie et ont échappé de peu à l’agression par certains individus si la police n’était pas intervenue.

Etat civil, une exigence

Plusieurs heures durant, les manifestants, munis de banderoles, pancartes, drapeaux, les protestataires ont repris en chœur toutes les revendications habituelles du Hirak. Des revendications rejetant en bloc l’agenda du pouvoir et exigeant un changement radical et l’insistance sur un Etat civil.

« Daoula Madania, machi 3askaria (Pour un Etat civil et non pas militaire) », « Djazair hourra démocratia (pour une Algérie libre et démocratique) », « indépendance » et « pas d’élections avec les bandes », scandent encore les manifestants.

On pouvait lire aussi sur certaines pancartes des slogans appelant à ne pas tomber dans la division et à préserver l’unité du mouvement qui a su, deux ans durant, comment sortir de tous les pièges et réaliser certains acquis.

« Non aux accusations de traitrises, oui pour un débat d’idée » et « le Hirak exige la souveraineté populaire et l’édification d’un Etat des institutions avec une sage direction politique », lit-on encore sur des pancartes.

Fethi Ghares interpellé à Tiaret

Contrairement à Alger, à Tizi Ouzou et à plusieurs villes du centre de l’Est du pays, les marches se sont déroulées globalement sans incidents, ce n’était pas le cas à l’Ouest. Dans cette région, selon des témoins, les forces de l’ordre sont intervenues pour tenter d’empêcher les manifestations de démarrer.

On dénombre alors plusieurs interpellations, à l’image de ce qui s’est déroulé à Tiaret où le porte-parole du MDS, Fethi Ghares a été interpellé. L’activiste Dalila Touat aussi. On ne sait pas s’ils ont été remis en liberté au moment où nous mettions sous presse.

Selon toujours des moins, il y a eu également des dizaines d’arrestations à Mascara et à Oran, où les manifestants ont réussi à réinvestir la rue après avoir été empêchés de marcher durant les semaines précédentes.

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